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Vaucluse : les patients en cancérologie désormais suivis à distance

Vaucluse : les patients en cancérologie désormais suivis à distance

A l'hôpital d'Avignon, un outil numérique permet de développer les thérapies orales ambulatoires

C’est un dispositif pour lequel le centre hospitalier Henri-Duffaut d’Avignon peut s’enorgueillir d’être le pionnier en termes d’expérimentation. Depuis le mitan de l’été, une cinquantaine de patients de l’établissement atteints d’un cancer sont inclus dans une démarche de télésurveillance baptisée « Léa Santé », développée par le laboratoire Janssen et la start-up Nouveal e-santé. Le but : « développer les thérapies orales ambulatoires », expose le Dr Borhane Slama, chef du service hématologie clinique et oncologie médicale. Autrement dit, permettre à des malades soignés avec des comprimés de suivre leur parcours de soins à domicile.

Dans l’unité de coordination spécialement créée, le Dr Borhane Slama, Nedjma Cervera, infirmière,et Florence Larmat-Barnay, cadre supérieure de santé, surveillent les effets secondaires dont les alertent les patients atteints de cancers qui se soignent chez eux. PHOTO CYRIL HIELY

Questionnaire sur les effets secondaires

Une orientation en phase avec les prévisions de l’Institut national du cancer, qui prévoit que « plus d’un malade sur deux sera traité directement chez lui d’ici une dizaine d’années », relève Borhane Slama. « La question qui se posait était celle de l’observance des effets secondaires à distance, poursuit le cancérologue avignonnais. Il fallait trouver une solution au risque de rupture dans la continuité du parcours de santé compte tenu de l’éloignement avec les équipes soignantes. »

Avec Léa Santé, les patients inscrits sur l’outil numérique reçoivent un questionnaire hebdomadaire. En retour, les infirmières coordinatrices (Idec) de l’hôpital reçoivent des alertes, pour réagir notamment sur la toxicité des traitements. « Pour nous, c’est révolutionnaire, témoigne Nedjma Cervera, une des deux Idec de l’unité spécialement créée à Henri-Duffaut. Cela nous permet d’apporter une réponse immédiate au patient. »

Dubitative au départ, au regard du profil de certains publics, cette dernière reconnaît que, « même les plus âgés sont assez disponibles et très connectés ». « Ils sont d’ailleurs souvent ravis car ils deviennent acteurs de leur parcours de soins, prolonge Nedjma Cervera. De fait ils sont plus vigilants sur la survenue d’effets secondaires. »

Qu’on ne s’y trompe pas. Si Léa Santé est un indéniable progrès, il n’est « qu’un outil de lien avec le patient parmi d’autres, tient à préciser Florence Larmat-Barnay, cadre supérieur de santé au pôle cancérologie de l’hôpital avignonnais. Cela a le mérite de sécuriser les patients, notamment ceux qui n’osent pas déranger. Mais ce n’est pas l’alpha et l’oméga ni la bonne conscience du service. L’objectif est avant tout d’éviter l’hospitalisation. »

Tous les acteurs du parcours de soins, tels que le médecin traitant et les infirmières libérales, sont associés. « Les patients vivent de plus en plus longtemps avec leur cancer, fait remarquer le Dr Slama. Les traitements à domicile sont donc amenés à se développer. » Près d’une dizaine d’établissements hospitaliers en France a aujourd’hui suivi l’exemple de celui d’Avignon.

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